Iphigénie, ou une adolescente dans
la guerre
" Essayons sur Racine, en
vertu de son silence même, tous les langages que notre
siècle nous suggère; notre réponse ne sera
jamais qu'éphémère, et c'est pour cela qu'elle
peut être entière. "
Barthes, Sur Racine, Seuil, 1960, p. 12.
C'est la guerre!
Des Nations se sont unies pour
combattre des ennemis qui incarnent le mal. On évoque
des raisons humanitaires mais il s'agit surtout d'enjeux économiques.
Le chef politique de cette expédition a convoqué
ces différentes armées. Et on attend. La décision
politique n'est pas prise. Le chef des Nations est embarrassé
dans ses affaires privées. On en veut à sa famille.
Il hésite. Les chefs d'État major s'impatientent.
Cette histoire pourrait être
d'actualité. On pense à Clinton, à la Yougoslavie,
à l'Irak. Il s'agit, en fait, d'une vieille histoire qui
date de 2500 ans. Le Roi des Rois s'appelle ici Agamemnon, les
ennemis sont les Turcs de Troie, le Général Schwarzkof
s'appelle Ulysse. Et la décision d'Agamemnon n'est pas
suspendue à une " affaire Monica Lewinski "
mais au destin de sa fille, Iphigénie, dont les dieux
demandent la vie.
Loin d'une mise en scène
classique avec jupettes ridicules et javelots en carton, nous
verrons arriver Ulysse en jeep, le bouillant Achille accompagné
de ses mercenaires et Clytemnestre dans une Cadillac!
Il y aura du chant, de la danse,
des musiques. Du jazz, du rock, de la soul.
Il y aura des lumières et des effets spéciaux.
Il y aura des moments de rire, d'angoisse et d'amour.
Il y aura l'O.N.U., C.N.N., les roquettes et les " check
point ".
Et au milieu de cette opération
" Tonnerre du désert ", la frêle Iphigénie
qui ne demande qu'à aimer son fiancé, à
satisfaire son père sans désespérer sa mère.
Iphigénie qui ne demandait qu'à vivre et qui s'apprête
à mourir.
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