Volpone est sans enfants,
il semble presque mort,
Offre à maints héritiers son bien en espérance,
Les trompe et se rit d'eux, avec Mosca d'accord ;
Parasite qu'on flatte en toute confiance,
On croit l'avoir séduit par de secrets présents
;
Nouvelle ruse alors et nouvelle exigence ;
Et chacun avec lui perd son or et son temps.
http://www.Souppes-fontainebleau.com
VOLPONE ou le Renard, est à
l'origine une comédie en 5 actes et en vers de Ben Jonson
(1606). Sur le conseil de son parasite, un vieillard feint de
mourir pour se faire couvrir de cadeaux par de faux amis intéressés.
Jules Romains et Stefan Zweig ont donné au théâtre,
sous le titre de Volpone (1928), une libre adaptation de cette
uvre. VOLPONE a été représenté pour
la première fois à Paris le 23 novembre 1928, sur
la scène de l'Atelier dans une mise en scène de
Charles Dullin ; et fut portée à l'écran
par Maurice Tourneur (1941), avec Charles Dullin, Harry Baur
et Louis Jouvet.
Zweig et Romains se sont rencontrés
en 1909 et Zweig a déjà publié un article
sur La Vie unanime.
" Il y a des sentiments et des idées dans votre uvre,
dont je ne savais pas qu'ils étaient aussi en moi, mais
je sentais, comme je lisais vos pages, qu'ils ouvraient les yeux
dans leurs sommeils comme des enfants qui entendent leur nom
à travers la nuit. Je sens que je me suis enrichi par
votre livre, et tout mon effort moral est de conserver ma gratitude
intacte toute ma vie. "
Après avoir créé
en Seine-et-Marne deux classiques du répertoire français
" Dom Juan "
de Molière et " Iphigénie
" de Racine, Le Favier Théâtre propose un texte
européen du XXe siècle.
C'est donc un texte qui connut
de nombreuses transformations qui nous parvient. Nous nous inspirerons
de cette tradition. Nous avions jusqu'à maintenant respecté
les textes au mot près pour les confronter à la
modernité. Et les confronter à l'actualité
avec une " Iphigénie
" en prise avec la guerre du Kosovo. Ici le texte importe
moins que les situations, les personnages, les idées que
soutiennent les auteurs. Dans les cadres très stricts
qu'ils nous offrent, nous jouerons souvent sur des improvisations
" très travaillées ".
Inspirés du " bazar
élisabéthain ", des lazzi de la Commedia dell'Arte,
de Tex Avery, nous allons vous surprendre. Et nous-mêmes
les premiers. Nos acteurs changeront de costumes, de style, d'époque,
sans ordre établi. Créant des rapports nouveaux
et insolites avec leurs partenaires.
Car Volpone est une farce. Une
farce sur le pouvoir de l'argent où, pour l'approcher,
les hommes sont prêts à tout donner : leur or, leur
honneur, leur femme.
Sous les ors de la Sérénissime
République de Venise, les masques de la Commedia dell'arte
vont s'affronter. C'est Volpone, le renard, Pantalon lubrique
et cupide qui n'en finit pas de tromper son monde jusqu'à
la pirouette finale. C'est Mosca, la mouche, Arlequin parasite
qui survole ce cloaque où s'entre-dévorent les
oiseaux de proie : Corbaccio, le corbeau, Corvino, la corneille,
et Voltore, le vautour.
Écrite à la fin
des années 20 par deux pacifistes et humanistes qui fuiront
le nazisme, " Volpone " est une parabole pessimiste
sur le thème " les loups se dévorent entre
eux " ; seul survit celui qui aime la vie et ses plaisirs.
J'aime Mosca qui, à la
question de son maître :
- Pourquoi ne salues-tu pas mon or ?
Répond: - Parce qu'il est en prison dans votre
bahut.
Marc FAVIER
haut
de page
|
.
Après " Dom Juan "
et " Iphigénie " présentées les
années précédentes sur la place de l'église
de Souppes-sur-Loing avec une grande participation des associations
et d'enfants de la ville et des environs, pour l'an 2000, le
Favier Théâtre renouvelle sa formule.
D'abord une distribution réduite. Nous serons une douzaine
sur le plateau: comédiens, musiciens, chanteurs. Seront
mêlés des acteurs professionnels, des amateurs confirmés
ainsi que des membres de l'Atelier-Théâtre de Souppes
qui fonctionne maintenant depuis plus d'un an.
Le spectacle se déroulera dans le parc de la Mairie. Ce
nouveau lieu symbolique de la vie communale permettra une nouvelle
proximité avec le public et permet de nouvelles approches
scénographiques.
Le sujet, enfin. Après deux grands classiques du répertoire
français du XVIIe siècle, nous avons choisi un
chef d'uvre du XXe siècle: " Volpone ".
Immortalisé par le film avec Louis Jouvet, Charles Dullin
et Harry Baur, ce fût d'abord un succès théâtral
dans sa version française de Jules Romains, inspiré
par le texte de l'Autrichien Stefan Zweig, qui s'est inspiré
lui-même - très librement - de la pièce de
l'anglais Ben Jonson datant du XVIIe siècle.
C'est donc un texte européen qui connut de nombreuses
transformations qui nous parvient. Nous nous inspirerons de cette
tradition. Nous avions jusqu'à maintenant respecté
les textes au mot près pour les confronter à la
modernité. Et à même l'actualité avec
une " Iphigénie
" en prise avec la guerre du Kosovo. Ici le texte importe
moins que les situations, les personnages, les idées que
soutiennent les auteurs. Dans les cadres très stricts
qu'ils nous offrent, nous jouerons souvent sur des improvisations
" très travaillées ".
Car si nous avons une continuité cette année, c'est
notre volonté de surprendre. Si nous avons une démarche
artistique prioritaire c'est l'innovation, c'est-à-dire
rendre neuf un texte que certains croient déjà
connaître. Quelle création artistique peut ignorer
la prise de risque?
L'an dernier, les costumes militaires d' " Iphigénie
" ont surpris, voire choqués. En qualité de
partenaire actif de la Célébration Racine j'ai
vu de nombreuses mises en scène: jupettes dérisoires,
costumes stylisés sans saveur, bures jansénistes
attristantes. On connaît le drame. Au bout de dix minutes
tout était dit. Le reste n'est que variation.
Alors, inspirés du bazar élisabéthain, des
lazzi de la Commedia dell'Arte, de Tex Avery, nous allons vous
surprendre.
Et nous-mêmes les premiers. Nos acteurs changeront de costumes,
de style, d'époque, sans ordre établi. Créant
des rapports nouveaux et insolites avec leurs partenaires.
Mais au fait, de quoi parle la
pièce?
C'est une farce sur le pouvoir de l'argent où, pour l'approcher,
les hommes sont prêts à tout donner: leur or, leur
honneur, leur femme.
Sous les ors de la Sérénissime République
de Venise, les masques de la Commedia dell'arte vont s'affronter.
C'est Volpone, le renard, Pantalon lubrique et cupide qui n'en
finit pas de tromper son monde jusqu'à la pirouette finale.
C'est Mosca, la mouche, Arlequin parasite qui survole ce cloaque
où s'entre-dévorent les oiseaux de proie: Corbaccio,
le corbeau, Corvino, la corneille, et Voltore, le vautour.
Écrite à la fin des années 20 par deux pacifistes
et humanistes qui fuiront le nazisme, " Volpone " est
une parabole pessimiste sur le thème " les loups
se dévorent entre eux "; seul survit celui qui aime
la vie et ses plaisirs.
En ce début de siècle où les " gros
" s'entre-dévorent, où les milliards valsent
au-dessus des " plans sociaux ", où privatisation
est synonyme de chômage en masse, j'aime Mosca qui, à
la question de son maître:
- Pourquoi ne salues-tu pas mon or?
répond:
- Parce qu'il est en prison dans votre bahut.
haut
de page
|
|