Votre témoignage

T'as vu, j'ai fait ma chambre

T'as pas 30 euros ?
Tu les auras si tu me dis où est rangé l'aspirateur.

Tu sais où il est rangé l'aspirateur ?
Ben non.
Eh bien, pour les 30 euros, c'est pareil.

 

Elle pleure doucement dans son mouchoir

-Ben … alors ! qu'est-ce qu t'as?

Elle pleure, un peu plus fort, tente de contenir son émotion.

- ben, dis-moi.

Elle renifle et re-pleure

- oh non... ben, dis-moi c'que t'as.
Elle marmonne quelque chose.

- hein?

Elle pleure.

- non, non,non... j'ai pas compris.
Elle marmonne; on ne comprend pas.

- c'est le p'tit?

Elle sanglote un "oui"

- Il a fait quelque chose ? dis et je m'en occupe.

Elle pleure beaucoup.

- Ah le …! C'est plus gérable. Dans quel état il t'as mis, ma pauvre chérie. Y'en a marre! Il rentre. Il sort. Il fait du bruit. Il envahit toute la maison avec ses affaires et son odeur. Il demande tout le temps et il fait rien...

Elle bafouille une protestation incompréhensible et pleure.

- Ben, ma pauvre chérie. Je vais m'en occuper.

Porte qui claque. Bruit de chaussures jetées et d'enfilage de chaussons qui traînent à chaque pas.

- (Off) 'lut.
- ah te voilà! Regarde! Regarde dans quel état elle est à cause de toi. Qu'est-ce que tu as fait, encore?
- La vaisselle.

Elle pleure de plus belle.

- Ben merde alors !

 

- Il dine pas ici, le p'tit, je suppose.
- Nan.
- De toute façon, on le voit jamais.

- Avec le temps qu'il fait, j'espère que le p'tit aura pensé à aérer la maison.
- Ah la la, il fait même pas son lit. Quel con.

- y'a un des te T-shirt qu'a rétrécie. Tu le donneras au P'tit.
- Jamais il en voudra. "beua! trop naze"
- Ah?... t'as un marqueur ?
- Pour ?
- écrire dessus. "Je nique la société".
- bien. et jette-le sur les ordures devant la maison. plus de chance qu'il le repère.
- génial.

- Le p'tit n'est pas allé au bureau, ce matin. Il était malade.
- Tu parles, il a joué à l'ordinateur avec un copain.
- Oui, mais il m'a dit que c'était pour le travail.
- Et tu le crois ?

- T'as pris les Choco Prince, au p'tit ?
- J'en ai pris 5 paquets. Y'avait une promo.
- Tu lui donnes pas tout sinon il va encore en donner à ses copains à la récré.

- Jean-Louis, si tu amènes des copains à la maison, tu ranges ta chambre. Et tu enlèves tes posters.

- Le p'tit a appelé : il reste dormir chez son amie.
- C'est bien.

- Pourquoi t'as pas appelé ? On t'avait d'appeler. A n'importe qu'elle heure mais tu appelles.
-Puisqu'il te dit qu'il avait plus de forfait.
- C'est pas possible, je lui ai acheté une carte il y a trois jours.

Je lui ai fait des pâtissons, au p'tit. Je sais pas si il va aimé.
Tu n'as qu'à lui faire des frites.
Et pourquoi pas un steak haché pendant que tu y es ?

- Il se lave, le p'tit ?
- voilà, c'est toujours pareil, il va se laver au moment où on mange.
- Appelle le p'tit.
- Jean-louis, on mange.
- oui.
- ça fait quatre fois que je t'appelle. Et puis tu descends pas avec ton portable sur l'oreille.
- allez, va t'asseoir. Tu t'es lavé les mains ?

- Et puis, tu vas pas prendre trop d'café.
- ben laisses-le.
- Après, il est tout excité. Et il va pas faire ses exercices de maths.
- Ben justement, si il pouvait s'exciter sur ses maths …

Si on mangeait avec les pieds sur la table, on mangerait par terre.